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Rochebaucourt, Abitibi / Québec, Canada
Je suis enseignante orthopédagogue de formation. Depuis ma tendre enfance que j'aime jouer avec les mots, que je me passionne pour l'écriture. La douleur chronique m'a obligée à quitter mon emploi d'enseignante et m'a encouragée à exercer une passion qui m'a toujours habitée, l'écriture.

samedi 16 avril 2011

Parfum de Rose (Première partie)


Indiscret voyeur, sur la pointe des pieds, le soleil s’immisce par une mince fente laissée entre deux volets légèrement entre ouverts, juste assez pour épier, d’un œil coquin celle qui fait battre son cœur et près d’elle venir discrètement coucher la chaleur de ses doux rayons, dans un trop grand lit pour une Rose seule.

Presque tous les matins, il se lève tôt, dans le but unique d’attendre patiemment Rose à son réveil, qui traîne toujours encore un peu, un peu trop, comme un somptueux et envoutant présent, qu’on espère bien avant l’heure.

Rose est enveloppée et enrubannée au milieu d'une soyeuse literie satinée de draps rouges, tissés de minces fils d’or, qui épousent ses formes, caressant ce qu’ils peuvent: ses bras, ses longues jambes, la courbe alléchante de sa poitrine et son visage d’ange, fiers de leur pouvoir, à la vue des frissons courant sur sa peau de vanille, constatant la pointe de ses seins menus qui se dressent, se dessinant très clairement à travers son aguichante robe de nuit aux délicates bretelles torsadées qui dansent sur ses fines épaules à chacun de ses mouvements.

À son insu, le soleil parcoure son corps, lentement, la caresse tendrement, de ses doux rayons aveuglants, jusqu’à ce qu’elle ouvre l’œil, enfin.


S’étirant paresseusement, comme le fait un chat en confiance, Rose allonge les bras au dessus de la tête en laissant s’échapper d’une voix chaude et mielleuse un long gémissement, comme si sous les habiles et tendres caresses des rayons de soleil, elle jouissait de plaisir, avant même d’ouvrir les yeux.

Justement, la voilà qui ouvre doucement ses grands yeux verts-océan vêtus de longs cils noirs qui s'ouvrent et se ferment, s'ouvre encore et se referment, leur donnant l’allure de délicats papillons se déployant sans empressement et battant lentement des ailes, avant de prendre leur envol sous des cieux radieux.

Enfin, presqu’éveillée, elle tourne doucement la tête vers la
fenêtre envahie déjà par l'invitante lumière du jour, quelques interminables mèches rouges, telles de longues et fines flammes couleur de feu, lui léchant le visage et, d’un large sourire, comme Rose aime le faire tous les matins, elle
salut gentiment le jour :

«  Hummm ! Bien le bonjour le matin !, une autre belle journée s’annonce aujourd'hui !!! »
Rose émerge doucement et lentement des draps qui, à regrets, prennent, encore secrètement ce matin, un ultime plaisir à glisser sensuellement contre son corps, la caressant comme le ferait une main amoureuse, effleurant les courbes parfaites de son corps de femme jusqu’à la quitter, le cœur en émoi.
Enfin debout, encore ensommeillée un peu, attirée par les doux rayons de soleil qui la réchauffent et l’accueillent à bras ouverts, d’une main ferme, comme une belle fleur aux pétales déployés, Rose ouvre les volets de la fenêtre. Elle bombe ensuite le torse et remplit ses poumons d’une bonne dose d’air frais, les seins pointés vers le ciel ; les petits coquins semblent vouloir émerger de sa robe de nuit, se libérer enfin des contraintes du tissu, sans aucune frontière pour les contenir, pouvoir se dorer librement au soleil, sans rien pour les gêner, un rêve !!!

Au même moment, à la même heure qu’hier, sans aucun doute, à la même heure que demain…, au même endroit tous les jours, à la terrasse du petit resto   du coin, je suis sagement assis, un café fumant à la main, un croissant chaud et frais dans l’autre, un journal, complice, déposé sur la table devant moi, prétextes non coûteux pour une fois de plus me rincer les yeux…

D’un coup d’œil discret, je jette un regard à sa fenêtre, sachant qu’elle ignore tout de ma rêverie, de mon désir fou d’elle, désir impétueux que je te contiens bien malhabilement et avec grande peine, tous les matins.

D’ici, rayons de soleil ardents aidant, je peux la deviner vêtue uniquement de sa chair, voir ses courbes généreusement offertes à mon regard rêveur et gourmand.

Je l’admire, aux matins, naturelle à souhait, sa longue et flamboyante chevelure en pagaille, comme si…, comme si je l’avais aimée tendrement la nuit dernière, laissant libres mes pensées câlines, mes pensées coquines…

« Oh ! Rrrrrrrrose, source de mon ivresse, j’aimerais tant te prendre dans mes bras, te murmurer une avalanche de Je t’aime !!! Du bout des lèvres et parcourir ta peau frissonnante de désir… »
À la fenêtre, à cet instant, Rose s'étire, les yeux clos sous sa broussaille de cils noirs, sous ses papillons qui bientôt ouvriront grand leurs ailes pour voler gracieusement vers moi. Elle soulève les bras, entraînant avec eux sa petite poitrine docile, glissant vers les haut à travers la mince toile translucide de sa robe de nuit, qui me laisse, à loisir, pour mon plus grand plaisir, tout deviner, tout voir...

Bras et seins redescendus, les deux pieds sur terre, Rose les yeux grands ouverts, un sourire mutin, visible que par le soleil, amant discret, complice qui ne dévoilerait rien de son secret..., sûre d'elle, referme les volets de la fenêtre, au grand désespoir de l'homme de l'autre côté de la rue, celui qui la regarde tous les matins, croyant naïvement qu'elle l'ignorait...



Texte de Jennie Hewitt

Ceci n'est que la première partie de ma nouvelle ''Parfum de Rose''. Vous trouverez la suite dans mon prochain bouquin intitulé ''Envoutantes'' (à venir).

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