Extrait de la nouvelle ''Swan'' du bouquin ''Histoires D'elles'', de Jean-Charles Gomot, auteur à la plume provocante et érotique à souhait.
- On sort manger une pizza au lieu de rester là ? demande-t-elle.
- Ok ! lui sourit-il. C'est toi qui invites ?
- Avec l'élevage d'oursins que tu fais dans ton porte-monnaie, je tomberais du placard si c'était l'inverse, fait-elle, enfilant ses bottes.
- Laisse tomber avec tes sarcasmes à deux balles, je dépense ce qu'il faut, je partage tout ce qu'il faut partager et le reste je le place pour l'avenir.
- Eh oui c'est bien ce que je dis ! Moi, aujourd'hui je me suis fait plaisir, j'ai claqué 200 € dans une lingerie affriolante.
- C'est bien ! Mais toi qui te balades toujours à poil dans cette maison, on se demande quand tu les mets ces dessous, ricane Pierrot.
- Ca te dérange ? Il ne me semble pas que tu détournes la tête quand tu me vois à demi-nue. J'ai plutôt l'impression que si, aux yeux tu pouvais joindre les mains, tu ne te gênerais pas. Et si mon corps ne te plait pas, je t'invite cordialement à contempler la lithographie de " l'exaltation mystique " de Dali chaque fois que je passe devant toi.
- Mais si, t'es belle ! D'ailleurs Popaul est toujours à la fête quand il te voit.
- Sale vicieux ! l'invective-t-elle.
- Oui, tu as raison, c'est toi qui te balades à poil et moi je suis vicieux parce que je te regarde. Alors je vais t'expliquer : le vice serait que j'essaie de lorgner dans ton soutif lorsque tu te penches ou bien que je me baisse pour reluquer sous ta jupe. Mais tout ça, je n'ai jamais besoin de le faire, tu te promènes les seins à l'air avec juste une ficelle dans le cul comme si nous étions encore sur la plage de Pampelonne. Donc je serais vicieux de mater ce que tu exhibes ! Au lieu de dire des conneries, mets ton manteau, je t'invite à manger. Tant que tu auras la bouche pleine, ça m'évitera d'entendre tes bêtises.
Elle attrape son manteau, il fait de même. Elle tire la porte sur eux. Figée devant l'ascenseur, elle lui décoche une claque sur la tête et lui demande :
- Il est pas beau mon cul ? dit-elle espiègle.
- Si. Mais t'es gonflée ! Tu vis ici avec deux mecs, juste de bons amis et toi tu promènes avec ou sans petite culotte entre la salle de bains et ta chambre. Avec Bernard, on a toujours rigolé de ton impudeur, de ton insouciance. On s'est toujours dit que tu avais de la chance d'être avec nous, parce qu'on s'est toujours contenté de t'admirer sans n'avoir jamais de gestes déplacés.
- À tel point, répond-elle, que je me suis demandée longtemps si vous n'étiez pas homosexuels. C'est vrai que j'ai toujours senti vos regards furtifs, réprobateurs pendant un certain temps, pour ensuite les estimer enveloppants, désireux et maintenant trop paternalistes. Des fois, j'ai eu l'ambition de vous secouer, d'écarter les cuisses devant vous lorsque vous regardiez un match de football, de vous montrer mon sexe parce que j'avais dans l'idée de vous provoquer, de voir jusqu'où je pourrais aller pour vous faire réagir. J'ai bien entendu fantasmé à mort, à l'idée de me retrouver entre vous deux, à l'idée de m'abandonner entre vos bras, à l'idée de faire l'amour avec vous deux...
Bouquin de Jean-Charles Gomot, en vente à cette adresse:


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