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Rochebaucourt, Abitibi / Québec, Canada
Je suis enseignante orthopédagogue de formation. Depuis ma tendre enfance que j'aime jouer avec les mots, que je me passionne pour l'écriture. La douleur chronique m'a obligée à quitter mon emploi d'enseignante et m'a encouragée à exercer une passion qui m'a toujours habitée, l'écriture.

dimanche 15 mai 2011

Tokyo ou jardin d'Eden ?


 


Depuis le début des temps, l’homme semble obsédé par l’essence même de la pomme tendue par l’aguichante Ève et croquée goulûment par Adam.

Alors que la feuille de vigne judicieusement placée a fait place aux vêtements griffés, le jardin d’Eden, lui, s’est transformé de façon spectaculaire, et ce particulièrement dans la ville de Tokyo, au Japon.

Dès la fin des années 80, Tokyo est devenue la ville paradisiaque par excellence.  Cette métropole s’est transformée en un paradis terrestre où on y croque maintenant la ‘’pomme’’ en l’apprêtant de mille et une façons, de sa forme la plus naturelle à la plus originale qui soit. Depuis, la capitale du Japon célèbre le  Mardi - Gras tous les jours de l’année; elle assouvi tous les fantasmes inimaginables par des pratiques sexuelles ‘’déguisées’’; sa réalité dépasse maintenant la fiction. Réel ou virtuel ? On ne sait plus très bien…

 Le Japon mérite la palme d’or, devant tous les pays occidentaux, pour sa folie et sa démesure, frisant même le délire collectif.  Il  est en soi un ‘’Sexland’’, où l’imaginaire fantasmatique semble ne connaître aucune limite et aucune demie -mesure.  Les Dysneyland, Wonderland et cie peuvent tous aller se rhabiller …  Les américains ont  leur ‘’Big Apple’’ (New-York), les japonais, eux, ont leur ‘’Pink Apple’’ en la ville de Tokyo, considérant que le mot ‘’Pink’’ est un euphémisme culturel pour désigner le mot ‘’sexe’’.

À Tokyo, les commerces reliés au ‘’fuzodu’’ (industrie du sexe) pullulent de toutes parts; aucun regard ne peut y échapper.  On trouve, par exemple, sur le territoire de 2.5km du quartier ‘’hot’’ Sinjoku à Tokyo, environ 5000 établissements reliés à l’industrie du sexe.  Cette prolifique industrie s’avère être l’une des plus développées au monde.  À lui seul, le commerce du sexe génère autour de 20 milliards de dollars par année, soit l’équivalent du budget alloué à la défense nationale du Pays.  Les ‘’yakusas’’ (membres de la mafia japonaise), qui en détiennent le monopole, déploient ruse et subterfuges afin de détourner la loi, adoptée en 1958, interdisant toute prostitution; celle-ci précise l’illégalité du ‘’honban’’ (rapport sexuel avec pénétration vaginale) contre rémunération.  L’aspect rudimentaire de cette loi laisse un monde de possibilités aux ‘’businessmen’’ sans scrupule.

Le ‘’honban’’ est devenu, ce que les maffieux se plaisent aujourd’hui à nommer, le ‘’himitsu play’’ (jeu secret). On est simplement passé de la ‘’geisha’’ pure et vierge à la démesure sexuelle peu subtile mais protéger par une législature minimaliste.  On assiste maintenant au phénomène du ‘’enjoy kosaï’’ aussi appelé ‘’compensation dating’’ basée sur une ‘’relation d’aide’’ empreinte de respect entre le client et la geisha des temps modernes.

Les japonais ont une vision actuelle très ludique de l’érotisme.  Plusieurs y trouvent leur compte,  du simple homme marié insatisfait, au puceau en mal de sexe,  du ‘’futzuu’’ (pervers) ou ‘’otaku’’ (obsédé sexuel)  à l’homme mûr éprouvant une attirance sexuelle pour les jeunes filles ou les héroînes de Manga ‘’Lolicon’’.  Tous les plaisirs sont dorénavant permis et possibles dans ce ‘’Sexland’’ oriental.

De nombreux endroits sont spécialement conçus pour satisfaire les désirs sexuels des messieurs aux mœurs légères.

La clé du plaisir ou ‘’Love hôtels’’

On les trouve souvent côte à côte dans certains quartiers de Tokyo, situés généralement près des bouches de métro.  Faciles à repérer, ils sont munis d’enseigne lumineuse et de nom inusité. On y trouve de tout, pour tous les goûts et tous les vices, dont  un menu varié de chambres à thèmes : salle d’opération, wagon de métro,  chambre froide, salle d’enlèvement extra-terrestre, salle de classe, temple romain, cascade en montagne, chambre à l’effigie du personnage ‘’Hello Kitty’’ à l’ameublement démesurément grand ou avec lit circulaire au centre d’un carrousel en fonction, etc.  
On y trouve une panoplie de gadgets à saveur érotique, tels que : films pornos, caméscope, miroir au sol, lit vibrant, karaoké, menottes, condoms et bien plus encore.

L’accès aux chambres se fait dans l’anonymat le plus total; on est assuré
d’y croiser personne.  Une réceptionniste cachée derrière une vitre teintée  glisse la clé de l’hôtel au client, par une fente pratiquée à même la façade de l’établissement.  L’option de la chambre se fait à partir d’un menu affiché sur un mur du hall d’entrée de l’hôtel, en pressant simplement sur un bouton placé sous l’image représentant le lieu de ses rêves. Ensuite, il ne reste plus au client qu’à payer à un guichet automatisé. Enfin, un ascenseur l’emporte tout droit à la chambre choisie, un aller-retour pour le 7ième ciel, du moins, nous le souhaitons pour lui.

C’est l’heure du bain…

Datant de 1657, le ‘’soapland’’ ou ‘’sopu rando’’ est le plus ancien divertissement sexuel pour adulte au Japon.  En fait, le soapland est une chambre munie d’un matelas pneumatique et d’une baignoire remplie d’une gelée verte dans laquelle ‘’monsieur’’ fera trempette avec une jolie nymphette, ou encore plusieurs, après avoir reçu un massage sensuel et érotique.  Il pourrait même ‘’jouir’’ d’un lavage corporel réalisé au moyen d’une brosse exclusivement fabriquée de poils pubiens.  Le prix pour cet érotisme considéré de haut niveau tournera autour de 60$ à 970$ selon les services reçus et la qualité de l’hôtel.

Le dîner est servi…

Lors de réunions d’hommes d’affaires fortunés, dans certaines stations thermales au Nord Est de Kyoto, on offre non seulement le service aux tables mais bien la table principalement comme service.  On y pratique une vieille coutume, le ‘’Nyotaimori’’  (corps décoré d’une femme).  Cette pratique consiste à manger un repas, composé de sushis et d’algues, servi sur le corps d’une femme encore vierge.  Pour la ‘’modique’’ somme environ de 2000$, ces messieurs n’ont qu’à choisir le profil du menu qu’ils préfèrent, version ‘’fesses’’ ou version ‘’pubis’’.

Le ‘’wakame zake’’ est aussi un divertissement sexuel inusité pratiqué dans les clubs de strip-tease; celui-ci consiste à boire du sake entre les cuisses d’une femme.

Livraison à domicile…

Pour les plus timides, désirant plus de discrétion,  le ‘’deri heru’’ (delivery health ou livraison santé) est tout indiqué. Ce type de service est mieux connu ici sous le terme de service d’escortes ou de call girls.

‘’Drag Queen’’ Manga

Le fétichisme collectif est un phénomène qu’on observe presque exclusivement au Japon.  La pratique du ‘’kigurami’’ ou ‘’Cosplay’’ consiste à se travestir en héroïne de Manga 100% sexy.  Ces personnages fictifs symbolisent la femme idéale pour eux. Un très grand nombre de japonais, hommes et femmes, troquent à l’occasion leur identité terrestre contre une identité imaginaire, le temps de décrocher un peu de leur réalité.

S’en faire mettre plein la vue

Un ‘’Imékura’’ (Club d’images ou Club à fantasmes) est un endroit où des ‘’yukitamos’’ (fille costumées) se prêtent à des jeux de rôles. Selon les fantasmes des messieurs, elles se transforment en infirmière, professeur, écolière, hôtesse de l’air, secrétaire, etc.  Dans certains clubs, pour le grand plaisir des adeptes de petites culottes ‘’panchiras’’,  de jolies  japonaises en mini-jupe prennent place dans un ascenseur au sol vitré.  Parfois, on y trouve également une salle de classe bondée d’écolières en mini-jupes (120$ pour 40 minutes).

En mettre plein la vue

Un ‘’Onani fuzoku’’ est un club où le client paye 80$ pour avoir le privilège d’atteindre le ‘’iku’’ (orgasme sexuel) en se tripotant lui-même le ‘’chinko, chinpo ou chin chin’’ (pénis) devant quelques femmes qui sont payées pour le regarder faire pendant 30 minutes.

En avoir l’eau à la bouche

Un  ‘’Oppai momi momi’’ est un Club de léchage de seins.

Se rincer l’œil

Au Club ‘’Gofish Mermaid hostess’’ à Tokyo, l’expression ‘’se rincer l’œil’’ prend tout son sens.  Pour des frais d’entrée de 200$, les japonais peuvent boire et manger tout en observant de jolies sirènes étrangères nager avec grâce dans un bassin d’eau entièrement vitré.

En avoir plein les mains

Un ‘’Momi pabu’’ est un club du genre ‘’mains libres’’ où l’on ferme les lumières afin de laisser les mains baladeuses des clients se promener d’une paire de seins à une autre et ce dans la plus grande discrétion qui soit,  seulement 80$ pour une heure de tripotage.

Brasser de grosses affaires

Le Club ‘’Mammouth’’  fait la joie des ‘’Haizumo pochari’’ (adeptes des grosses poitrines) en leur permettant de s’en mettre plein la vue et probablement de tâter le terrain aussi.

Folles dépenses

Les ‘’Burusera shoppu’’ (boutiques érotiques) mettent entre autres à la disposition des clients, des machines distributrices dans lesquelles ils peuvent faire l’achat de petites culottes usagées, d’urine, de costume et de photos d’écolières, etc.

Bien d’autres endroits sont également ouverts au public adulte :

 ‘’pinku saron’’ (Club d’isoloirs ‘’mains et bouche’’), théâtres de strip-tease,
Cinémas érotiques, ‘’Nukipabu nuki kyaba’’ (Club de fellation),
‘’Ranjeri pabu’’ (Club-resto de serveuses sexy en lingerie fine),
‘’Nosoki beya’’ (communément appelé ici ‘’peep show’’),
‘’urisen’’ (Club de prostitués mâles), ‘’koshi tsu bideo’’ (Cabines masturbatoires et visionnement de matériel pornographique), ‘’Esute’’ ou’’ Katto senmon ten’’ (salon d’esthétique pour hommes) où on offre un service de rasage érotique avec bonus pour 100$ de l’heure, etc.

Besoin d’un alibi ?

Qu’ils soient clients ou ‘’geisha des temps modernes’’, les japonais peuvent faire appel à des agences offrant un service d’alibis professionnels, allant de faux certificats de formation à de faux talons de paies…

Voir la vie en rose

Évidemment, il ne faut pas craindre d’investir dans la publicité si on veut que nos affaires roulent rondement…Les ‘’yakusas’’ l’ont bien compris;  ils font parvenir aux citoyens de petits dépliants publicitaires roses très explicites (infos et photos résumant les services offerts d’un côté et recrutement de l’autre) qui envahissent les boîtes aux lettres à raison de 2 à 3 fois semaine et les stations de métro. Des bottins de services sont également disponibles dans les stations de métro et des catalogues de ‘’rendez-vous’’ sont aussi en vente dans tous les bons kiosques.

Bref, si pour les Américains ‘’sky is the limit’’, pour les Japonais même le
7 ième ciel n’a pas de limite.

Texte de Jennie Hewitt publié dans le magasine FA. 

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